Les Contes de Syteliah

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Les Contes de Syteliah

Message  Nochelove le Mer 15 Fév - 21:55

Voilà, comme je l'ai dit dans ma présentation, j'écris en ce moment mon premier roman. J'ai pour habitude de publier le début du premier chapitre, mais vous pourrez déjà le découvrir via le lien que j'ai mis vers mon blog, dans ma présentation. Donc je vais changer et vous montrer les Contes de Syteliah.

Voyez-vous, dans mon univers, la tradition orale est très forte. Les Saltimbanques, qui sont à la fois conteur, musiciens, chanteurs et auteurs, vont de villes en villages pour passer nouvelles et récits. Les Contes de Syteliah font partie de leur registre de base, ils les racontent régulièrement, contant aux enfants petits et grands l'histoire de leur monde...
J'ai écris ces contes assez facilement, de manière intuitive, j'espère qu'ils vous plairont autant qu'à mes autres lecteurs! Voici les trois premiers, si vous les aimez, je vous livrerais les suivants...

Spoiler:
Rencontre de la Terre et du Ciel

« La Terre n’était qu’une enfant lorsque sa route croisa celle du Ciel. Autour d’elle, il n’y avait que les étoiles, froides, brillantes, immobiles, puis il fut là. Si bleu, si beau. Si parfaitement accordé à elle qu’elle en tomba immédiatement amoureuse.

Le Ciel, lui aussi, fut subjugué par la Terre. Jamais il n’avait rencontré sa pareille. Jamais il n’avait rencontré qui que ce soit !

Il leur fallut longtemps pour s’approcher l’un de l’autre. Timides, effarouchés par leur longue errance solitaire, ils n’osaient se toucher.

C’est pourquoi, lorsqu’ils s’effleurèrent enfin, le Ciel laissa échapper un cri d’émotion. Celui-ci vibra dans l’air jusqu’à toucher la terre, faisant naître à sa surface un magnifique arbre noir. Gênée, l’amoureuse voulut alors cacher son émoi à son aimé, mais en vain. La trouvant plus belle encore qu’auparavant, parée de son bijou végétal, il se mit à chanter. Lorsque le chant du Ciel atteignait sa dulcinée, s’élevaient des forêts, des collines, des montagnes. Les pierres, les plantes, les lacs et les rivières vinrent au monde les uns après les autres, parant la Terre de mille couleurs.

Lorsque le chant s’atténua pour ne devenir qu’un murmure dans le vent, la Terre toute entière pétillait de vie. Elle en fut émerveillée, et demanda au Ciel : « Faut-il vraiment que tu reprennes ta route ? Ne peux-tu rester auprès de moi ? Car si tu devais partir et que nous soyons séparés, je doute de pouvoir continuer de tourner. »

A ces mots, le Ciel sourit : « Je ne saurais te laisser seule ici, alors que devant nous s’étend une voie bien assez large pour que nous restions unis. »

Il la prit alors dans ses bras, et tout deux repartirent. »

Spoiler:
Naissance des Premiers Enfants


« Ainsi, à l’aube de Syteliah, il n’y avait que le Ciel et la Terre, unis dans une perpétuelle étreinte.

De cette union naquirent d’abord les Fées, qui tenaient de leur mère leur pouvoir sur les plantes et qui pouvaient se blottir dans les bras de leur père grâce à de magnifiques ailes. Elles étaient belles et puissantes, chéries par leurs parents qui leur donnèrent tout, et elles grandirent dans la joie et la quiétude.

Mais le mariage du Ciel et de la Terre donna d’autres fruits : les Korrigans, qui eux aussi pouvaient s’élever dans les airs et jouir des pouvoirs terrestres.

Les Fées furent alors prises d’une terrible jalousie et entrèrent dans une colère noire. Lors d’une nuit sans lune où le Ciel était aveugle et la Terre profondément endormie, elles s’approchèrent sans bruit de leurs frère Korrigans, plongés dans leur sommeil d’enfants, et leur coupèrent les ailes.

Lorsqu’au matin leur père s’en aperçut, sa fureur fut telle qu’il voulut tuer ses filles, mais la Terre indulgente les aimait malgré tout et prit leur défense, les sauvant du courroux paternel.

Le Ciel inconsolable versa des torrents de pleurs, car il ne pourrait plus accueillir en son sein ses fils Korrigans, condamnés à rester sur Terre avec leurs cruelles sœurs les Fées. Pour réparer cette injustice, il déclara alors: « Je ne peux retirer leurs pouvoir à mes filles, mais à mes fils, j’accorde une puissance qu’eux seuls détiendront. Jamais plus ils ne seront soumis à quiconque, et contre toute offense ils pourront se défendre. »

La Terre réunit alors les larmes du Ciel et en fit une Mer dont elle s’entoura. Elle y mit les Iaras et dit à son époux : « Vois nos derniers enfants, nés de ta tristesse et de ma protection. Elles ne seront ni pour toi, ni pour moi, mais pour l’océan de tes larmes uniquement. Auprès d’elles nos fils trouveront toujours assistance, mais nos filles ne pourront les atteindre, car les flots de ta rancœur les repousseront toujours. »

C’est ainsi que naquirent les Fées, jalouses et cruelles, les méfiants Korrigans aux pouvoirs sans pareils, et les tristes Iaras qui de l’amour de leurs parents furent privées. »

Spoiler:
Naissance des hommes


« Malgré les différends qui opposaient leurs enfants, le Ciel et la Terre s’aimaient tendrement. Aussi, lorsque leur progéniture fut en âge de voler de ses propres ailes, décidèrent –ils de se consacrer uniquement à chanter l’un pour l’autre.

De leur côté, les Premiers Enfants se séparèrent afin de vivre en paix.
Les Iaras ne pouvaient quitter la Mer des Larmes, et s’en accommodèrent. Les korrigans, quant à eux, choisirent les grandes plaines ouvertes sur le Ciel, où ils creusèrent de chaleureux terriers. Les fées, fières et hautaines, s’abritèrent au plus profond de la forêt, où leur jalousie ne fit que grandir.

Blessées dans leur orgueil que leur père ait accordé plus de pouvoirs aux Korrigans, qui selon elles n’auraient dû naître que pour les servir, elles décidèrent de créer elles-mêmes les êtres qui seraient leurs esclaves.
Elles abattirent un cerf pour recueillir son sang, qu’elles mélangèrent à de l’eau de source. Puis elles versèrent leur mixture sur de la Terre fertile, afin de façonner les hommes.

Ceux-ci était grands et fort, afin qu’ils puissent chasser. Les Fées leur donnèrent également la parole, pour qu’ils puissent les divertir. Enfin, leurs créatrices accordèrent aux hommes d’avoir de l’esprit, pour qu’ils puissent retenir les tâches qui leur étaient dévolues.

Longtemps, les hommes furent au service des Fées. Nés dans la servitude, ils n’avaient pas de nom et ne connaissaient rien d’autre que l’esclavage.

Mais un jour, l’un d’eux se perdit alors qu’il était parti chasser, et arriva à l’orée de la Forêt.
Là, il rencontra un Korrigan qui n’en crut pas ses yeux :
« Qui es-tu ? demanda-t-il.
—Je suis un homme.
—Quand Père et Mère t’ont-ils créé ? »

Mais au plus profond des bois, les branches cachaient le Ciel et les fougères isolaient de la Terre. L’esclave ne les connaissait pas, et il ne put cacher son ignorance au Korrigan, qui lui demanda :
« D’où viens-tu ?
—Je viens des bois.
—Et où vis-tu, dans ces bois ?
—Auprès de mes maîtresses les Fées. »

A ces mots, le Korrigan entra dans une rage folle. Laissa là l’homme, il s’en fut quérir ses frères et leur narra toute l’histoire.

Ensemble, ils décidèrent de libérer les hommes. Mais, ne sachant comment s’y prendre, ils résolurent de consulter leurs parents. Aussi, la nuit du solstice d’été, se réunirent-ils autour d’un feu de joie pour danser et chanter, dédiant ces festivités au Ciel et à la Terre.

Ceux-ci ne restèrent pas sourds à l’appel des Korrigans. Découvrant la nouvelle exaction commise par leurs filles, ils entrèrent dans une noire colère. La Terre fit pousser les arbres, ordonnant qu’ils emprisonnent les Fées entre leurs branches. Le Ciel, enragé, se mit à tonner et leur jeta cette malédiction :
« Si vous tenez à votre vie, mes filles, sachez rester hors de ma vue, car si je vous trouve à l’écart des sous-bois, je vous foudroierais en un instant ! »

Puis les Korrigans prirent les hommes par la main, et, plein de sollicitude, les entraînèrent sur des terres où ils pourraient vivre libres et à l’abri des Fées.

Mais les hommes ne savaient pas comment faire. Du soir au matin, ils ne savaient que travailler.
Alors les Korrigans mélangèrent de la terre, de l’eau de source et la pulpe d’une pêche, afin de créer la femme, joyeuse et frivole, pour qu’elle apprenne à l’homme comment être heureux. »


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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Linda le Mer 15 Fév - 22:57

Ouuu... j'ai envie de te lire ce soir, mais j'ai les yeux qui me brûlent.
Alors, je vais prendre ma curiosité en patience, et revenir demain, comme le petit prince a dit...

Bonne nuit. drunken Sleep
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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Nochelove le Mer 15 Fév - 23:06

Bonne nuit à toi!

De toute manière, rien ne presse, ils ne vont pas s'envoler! Smile

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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Linda le Jeu 16 Fév - 8:25

J'ai eu l'impression de me replonger dans les rêves de Tolkien !
Tu es en train de rebâtir un monde nouveau, et cela donne envie d'en lire beaucoup plus.
La naissance des mondes grâce à l'amour de la terre et du ciel, est magnifiquement tourné.

Bravo ! cheers
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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Mélany le Jeu 16 Fév - 9:08

Ils sont supers ces trois contes, Nochelove !

Bravo, c'est une chouette version de la création de la Terre et des Hommes ! cheers
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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Nochelove le Jeu 16 Fév - 10:17

Ooooh merci merci merciiiii à vous deux! Je vous posterai les autres dans la journée, là je vais au travail! Smile

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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Linda le Jeu 16 Fév - 10:20

Bonne journée Wink
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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Nochelove le Jeu 16 Fév - 13:16

Merci, Linda!

Allez, je vous mets la suite...

Spoiler:
NAISSANCE DES MAGICIENS
Durant des années, les Iaras avaient vécu entre elles, isolées de leurs frères Korrigans et de leur Sœurs les Fées. Mais un jour un Homme, qui avait entendu parler de la Mer des Larmes, infinie et furieuse, voulu la voir de ses propres yeux. Il quitta les plaines et marcha des jours durant, jusqu’à se retrouver sur les rives balayées par les vents où l’une des Iaras, prénommée Lys, pleurait doucement, se lamentant d’être toujours si seule.
La voyant si triste, l’Homme, qui s’appelait Lyov, prit l’Iara dans ses bras et lui dit :
- Tu n’es pas seule, voyons, regarde, je suis là, et tes sœurs aussi peuvent te tenir compagnie ! Pourquoi donc pleures-tu ainsi sur ton sort ? Pourquoi ne pas te réjouir ? Tu vis ici, sur cette belle plage, et moi qui ne suis qu’un homme et qui ne puis rien avoir que je n’aurais construit de mes mains, je suis jaloux d’une telle demeure.
Lys n’avait jamais rien connu d’autre que la froide étreinte des flots, toujours agités de courants impétueux, mordant sa chair de leur dents glaciales. Aussi, les mains de Lyov lui parurent incroyablement douces et chaudes, et ses bras autour d’elle lui semblèrent plus agréables même que le vent d’été lorsqu’il soufflait dans ses cheveux pour réchauffer son cœur glacé. Subjuguée, elle ne voulut plus se séparer de l’Homme qui lui apportait tant de réconfort.
- Cette demeure est tienne, répondit-elle alors, si tu consens à vivre à mes côtés. Car ta présence et tes doux mots mettent sur mon âme fêlée un baume salvateur. Accepteras-tu donc de partager une vie avec moi ?
L’Homme, surpris mais heureux que l’une des Premières Filles lui offre de partager sa vie, accepta de bon cœur.
Le temps allant, les sentiments que se portaient Lys et Lyov furent de plus en plus forts, et devinrent un amour sans autre égal que celui de la Terre et du Ciel. De leur union naquirent quatre enfants : deux filles et deux garçons.
Lazar, l’aîné des garçons, savait toujours quand quelqu’un disait la vérité. Il était d’une telle droiture, qu’il sentait en son âme et conscience le moindre mensonge. Il aurait pu, s’il l’avait souhaité, transformer cette Vérité et inciter autrui à croire ce qu’il voulait. Mais il était trop droit et ne le fit jamais.
Venait ensuite Ray, guérisseuse hors-pair, qui par la seule force de son esprit pouvait soigner tous les maux, cicatriser toutes les plaies. Et si ses facultés lui permettaient de blesser, elle ne s’y résolut jamais.
Son jeune frère Dorofei, quant à lui, était un tel rêveur qu’il pouvait recréer tous les fantasmes qu’il voyait dans ses rêves. Ce n’étaient là que des illusions, mais d’une telle beauté et d’un tel réalisme qu’on ne pouvait les différencier de la réalité.
Enfin, Alisha, la dernière, pouvait commander aux éléments. C’était là un pouvoir dangereux, qui la reliait au Ciel et à la Terre, mais qu’elle ne maîtrisait que difficilement et qu’elle décida finalement de ne plus utiliser, afin de ne blesser personne.
Mais ces enfants, fille d’une Iaras et d’un homme, n’héritèrent pas de la malédiction qui touchait leur mère. Ils étaient libres de parcourir le monde librement, de marcher sur la Terre et de grimper aux arbres. Néanmoins, ils n’héritèrent pas non plus des facultés de Lys. Aucun d’entre eux ne pouvait respirer sous l’eau, ou s’endormir au creux des coraux.
Ils grandirent donc sur la plage, en compagnie de leur père et de leur mère. Mais alors que Lyov vieillissait, son aimée, elle, restait inchangée. Le temps ne la touchait pas, ne prélevait nul tribut sur ses traits qui restaient toujours jeunes. Et lorsque Lyov, finalement, mourut de vieillesse, Lys était toujours aussi jeune et belle qu’au jour de leur rencontre, mais désormais, sa tristesse ne connaissait plus de limites. Elle ordonna alors à ses enfants de partir en leur disant ces mots :
- Je ne pourrais supporter de voir votre décadence et votre mort, de vous voir dépérir et d’être toujours jeune. Je ne veux pas voir les poissons dévorer les corps sans vie de la chair de ma chair, aussi je veux que vous partiez. Vous êtes plus humains que Iaras, et vous pourrez vivre avec le peuple de votre père. Soyez heureux, mais ne revenez pas.
Les quatre frères et sœurs, le cœur lourd, obéirent à leur mère. Ils partirent vivre avec les Hommes, qui avaient fondé des Cités. Là, ils mirent leur pouvoir au service de leurs concitoyens, puis se marièrent et eurent à leur tour une descendance. Certains, parmi leurs enfants, héritèrent de leurs facultés et les transmirent à leur propre progéniture.
C’est ainsi que certains humains, touché par la Grâce des Iaras, se révélèrent Magiciens.

Spoiler:
CRÉATION DES BANSHEES
Les Hommes se multiplièrent dans les Cités de pierre qu’ils construisaient de leurs mains. De plus en plus nombreux, ils furent vite supérieurs en nombre aux Fées, aux Iaras et aux Korrigans. Mais lorsqu’ils mouraient, leurs âmes créées sans magie par les Fées erraient sans fin, emplissant le Vent d’une triste mélopée.
Ces chants emplissaient le Ciel, jusqu’à ce que la Terre elle-même ne puisse plus entendre qu’eux, car ils surpassaient la voix de son aimé.
Le Ciel quant à lui, tenta de chanter plus fort ; mais il eut beau crier, hurler, tempêter, rien n’y fit, la Terre restait sourde à ses appels.
La Terre décida alors de s’occuper des âmes des Hommes, mais elle ne savait comment s’y prendre. Elle tenta d’y trouver une solution, mais elle était pressée par le temps, car les Hommes, fragiles, continuaient de mourir, et leurs âmes en déroute résonnaient dans le vent.
Alors, paniquée, n’ayant pas trouvé de solution, la Terre décida d’interroger l’une des premières intéressées. Elle attira à elle l’âme d’une jeune bergère et lui demanda :
- Dis-moi, esprit perdu, pourquoi erres-tu ainsi ? Pourquoi toi et tes sœurs ne retournez-vous pas à la Nature, comme vous le devriez ?
- Ô ma mère, répondit l’âme, c’est que nous n’en connaissons pas le chemin.
La Terre fut frappée que la réponse fut si simple. Alors, elle choisi onze autres âmes, de jeunes bergères, tout comme la première et leur montra comment moduler leur chant afin de se fondre dans la Nature. A ces âmes, elle insuffla à nouveau la vie, afin qu’elles prennent corps. Mais elles restèrent blanches et graciles, et seules leurs lèvres et leurs yeux reprirent couleur, se teintant du rouge vif du sang.
- Vous, mes Bergères, je vous charge des âmes des Hommes ; vos voix seront les plus puissantes, et il sera de votre devoir de montrer la voie de la Nature aux Hommes qui seront morts. Vous serez immortelles, mais pas invulnérables ; cela, je ne puis vous le donner. Aussi, restez bien à l’écart des humains, car s’ils vous blessent, vous risquez d’en mourir.
Les Bergères, qui se nommèrent elles-mêmes Banshees, acceptèrent la tâche qui leur était confiée de bon cœur.

Mais la Terre, elle, n’avait pas obtenu satisfaction. Car, alors même que les Banshees drainaient les âmes en peine qui emplissait le Ciel, la voix de celui-ci ne se faisait pas plus claire, ni plus audible. Il s’était épuisé, tandis qu’elle cherchait une solution, à l’appeler en vain ; et maintenant qu’elle pouvait l’entendre, il n’avait plus la force de chanter pour elle.
La Terre fut alors saisie d’une infinie tristesse. Elle passa des années sans nombre à vouloir ranimer la Voix du Ciel, chantant sans relâche, l’implorant de se réveiller. Mais elle s’épuisa avant d’y parvenir, et ses derniers mots furent ceux-ci :
« Il faudrait sans doute tous les sangs en un seul
Pour avoir assez de sagesse et de pouvoirs anciens
Et si je ne parviens, si près de mon linceul
A aider mon promis à trouver le chemin
Peut-être y aura-t-il un jour, parmi ma descendance
Un être qui pourra réveiller les échos
Que mon aimé et moi chantions avec puissance
Célébrant sans relâche notre amour si beau. »

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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Linda le Jeu 16 Fév - 14:42

C'est magnifique !
Et je suis épatée de retrouver dans tes mots, des pensées qui me sont familières.
Tu recréer des mondes de légendes, avec beaucoup d'habileté et de passion, et ce, sans que le lecteur ne se lasse des descriptifs et de l'histoire en elle même.

Bravo. cheers
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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Nochelove le Jeu 16 Fév - 22:09

Merci beaucoup, Linda, je suis ravie que cela te plaise. Ces contes sont à la fois la mythologie de mon univers mais aussi la pierre d'angle de toute mon intrigue, alors c'est bien de savoir qu'ils sont réussis!

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Re: Les Contes de Syteliah

Message  Mélany le Ven 17 Fév - 13:14

Ces deux contes sont tout aussi bien écrits que les premiers, Nochelove ! Bravo ! cheers Et tu vois que tu sais écrire en vers ! Wink
C'est très intéressant de constater comment tu as fais pour que les Banshees, que l'on appelle ici les Kannerezed-noz, soit des êtres gentilles !
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Re: Les Contes de Syteliah

Message  ninou-lilou le Ven 17 Fév - 16:54

Je viens de lire d'une traite tous tes spoilers et je t'avouerai que je les ai dévoré avec délice ! Tu as une écriture très fluide et une façon de raconter ces légendes qui font que je n'ai pas eu d'autre choix que d'aller jusqu'au bout Wink Félicitations !
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